Elric des dragons / Michael Moorcock

Elric des dragons / Michael Moorcock


Elric, Tome 1

Quatrième de couverture : Melniboné, l’île aux Dragons, régnait jadis sur le monde. Désormais les Dragons dorment et Melniboné dépérit. Sur le trône de Rubis siège Elric, le prince albinos, dernier de sa race, nourri de drogues et d’élixirs qui le maintiennent tout juste en vie. La menace plane ; alors il rend visite au Seigneur du Chaos, Arioch, et conclut un pacte avec lui. Il s’engage ainsi sur le chemin de l’éternelle aventure : le Navire des Terres et des Mers le porte à la cité pestilentielle de Dhozkam, et son destin le pousse à franchir la Porte des Ténèbres ; au-delà, deux épées noires attendent leur maître et leur victime…

Avis : En commençant cet ouvrage, j’ai eu un peu peur de tomber sur un récit bourré d’allégories, de métaphores et qu’il soit également trop pompeux. La faute à la préface de l’auteur. Heureusement, même si le livre est plein de symboles, ce dernier les a parfaitement intégrés à son histoire.

Nous avons à faire à un roman très sombre, pas seulement par son univers mais aussi à cause de ses personnages, et notamment son héros. Pessimiste de nature, très existentialiste dans un monde où les traditions ne le poussent en aucun cas à l’être. Sa moral et son choix de vie lui sont d’ailleurs fortement reprochés, surtout lui, l’empereur, qui devrait plutôt s’imposer comme un tyran invulnérable et prôner l’intolérance, l’arrogance et la puissance. On aime d’ailleurs son côté moralisateur, sa patience, sa confiance en l’homme, mais on ne supporte pas sa langueur, son idéalisme, qui cause en quelque sorte la perte de celle qui l’aime. J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher au héros car comme l’univers dans lequel l’auteur le fait évoluer, il est froid et détaché malgré sa morale et sa conscience. On est loin d’un héros charismatique, mais sa faiblesse est sa réussite.

On rentre très vite dans l’histoire. Le début du roman est très prenant, mêlant parfaitement l’action et la présentation des personnages et du décor. Mais la suite, devient plus lente et plus sombre au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture. On s’ennuie presque car l’action disparaît au milieu du livre, au profit des personnages et de la présentation des traditions culturelles et « religieuses » de Melniboné. On rentre plus en profondeur, et de ce fait on se sent de plus en plus oppressé par toute la noirceur de cette île, de ce monde lugubre. Du coup, j’ai eu plus de mal à garder le livre entre les mains parce que je me sentais mal à l’aise face au climat, à la tension que mettait en place l’auteur.

Par ailleurs, on peut reprocher à Michael Moorcock la situation paradoxale qu’il met en place à la fin de l’ouvrage. On suit un héros qui se bat pour son trône, son pays, et pour garder celle qui l’aime auprès de lui. Ce qui constitue l’intrigue, le leitmotiv de l’histoire, mais à la fin du roman, il change d’état d’esprit, de but et, pour sa grandeur d’âme il va bouleverser ces priorités. On reste alors perplexe, en se disant tout cela pour ça ?! On est déçu car on a du mal à comprendre ces changements et la démarche de l’auteur : maintenant que le héros a tout ce qu’il désire, cela ne l’intéresse plus. On finit par s’interroger sur le but de l’histoire. La faute à l’auteur, qui veut peut-être faire de son livre davantage un livre de réflexion ou tout au moins un livre d’introspection.

Cependant l’histoire est bien menée. Les bases dans ce premier tome sont posées : de belles idées, des personnages complexes, un monde riche et sombre. Mais je ne suis malheureusement pas tentée, pour l’instant, de poursuivre la lecture de cette série, malgré le potentiel en devenir à exploiter pour l’auteur.

La série compte 9 tomes, qui ont tous été édités il y a plusieurs années.

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